MÉDITATION HEBDOMADAIRE
Chaque mardi soir le Zendo de Granby invite les participants à partager trois périodes de zazen de 30 minutes. Celles-ci sont l'occasion de favoriser la mise en place de la posture du zazen avec un encadrement précis, et d'évoluer sur la base d'une assise qui saura s'enraciner de façon à poursuivre cette pratique chez soi. Avec une bonne posture, la respiration devient le cœur de la pratique du Zen.
La méditation que nous proposons consiste à apprendre à vivre avec les trois dimensions que sont la conscience, la présence et la pure présence. À progresser vers cette pure présence qui est au-delà des mots; vers cette lumière par laquelle nous voyons, sans un effort conscient.
À titre de rappel, voici les consignes qui sont lues au début de chacune des trois périodes de zazen de nos soirées de méditation. Elles sont aussi une forme de méditation dans le sens que ce qui est énoncé ne constitue pas un automatisme mais comme il est dit: favorise un approfondissement progressif des trois dimensions que sont la conscience, la présence et la pure présence en tant que totalité dynamique.
PREMIÈRE PÉRIODE DE ZAZEN
La première période de zazen favorise la mise ne place de notre assise à l'aide de la posture et de la respiration sans l'observer ni la contrôler.
Quand nous nous assoyons ainsi en zazen, nous le faisons d'abord en tant qu'observateur pour ainsi dire, avec cette conscience de la vie quotidienne et les pensées qui meublent cette conscience.
Se joint pour ainsi dire dans ce rythme de la respiration, le participant en action, puis une certaine présence. Les pensées se calment graduellement.
Avec le demi-sourire, nous sommes déjà dans cette unité du corps et de l'esprit. Se manifeste alors une certaine sensibilité de détente, d'ouverture et de lâcher-prise
DEUXIÈME PÉRIODE DE ZAZEN
La deuxième période de zazen favorise la stabilisation de l'esprit avec l'énergie de la concentration qui s'est installer depuis le ventre (hara).
En suivant la respiration sans l'observer ni la contrôler, notre concentration se déplace graduellement de la tête vers le ventre, avec une sensation de totalité, d'unité, sans faire l'effort d'atteindre cette unité en mouvement.
L'esprit fusionne avec le corps. La présence prédomine alors l'esprit, la conscience. La présence et la conscience ne font qu'un).
À notre insu, sans un effort conscient, nous retrouvons dans un état d'unité qu'on peut appeler Samâdhi de l'unité (centration profonde), au-delà des sensations, des émotions ou des pensées qui peuvent se manifester dans la conscience, en arrière-plan.
État que nous pouvons revivre dans notre vie quotidienne en percevant les choses et les personnes en tant que totalité, en tant que présence.
Dit autrement, en se laissant regarder par les objets et les personnes.
TROISIÈME PÉRIODE DE ZAZEN
C'est durant la troisième période de zazen que nous réalisons qu'il n'y a rien, plus à atteindre. C'est la manifestation du vide accompagné parfois de fatigue. C'est pour les débutants la période la plus difficile, mais la plus bénéfique quand nous arrivons à lâcher-prise avec une énergie renouvelée (à la suite de la soirée de méditation).
La troisième période de zazen favorise donc la manifestation du calme intégrale de l'esprit, du Samâdhi de la vacuité, du vide en tant que l'esprit claire, de la pure présence.
Comme nous trouvons soudainement la réponse à un problème important, le temps d'un éclair, nous percevons cette clarté de l'esprit.
Elle est comme la lumière du jour, non pas une lumière que nous voyons, mais une lumière par laquelle nous voyons.

« Ce qui est né doit mourir. Seul le non-né ne meurt pas. Trouvez ce qui jamais ne dort ni jamais ne s’éveille, et dont la pâle réflexion est notre sensation du ‘’ je ‘’. » *
« Cessez d’imaginer que vous existez, ou que vous faites ceci ou cela, et vous réaliserez que vous êtes la source et le cœur de toute chose. Il vous viendra alors un grand amour qui ne sera ni un choix, ni une prédilection, ni un attachement, mais un pouvoir qui rend toute chose aimable et digne d’amour. » *
« Le souffle n’a pas de propriétés magiques, et l’on ne devrait pas sentir que le souffle a une signification spéciale. C’est même précisément parce qu’il n’a pas de propriétés spéciales qu’on le choisit. Dans notre vie quotidienne nous sommes ‘’ dépendants ‘’ du ‘’ je ‘’. Être un avec le souffle c’est briser cette attache (…) Pour être identifié à quelque chose, ‘’ je ‘’ doit être là. Nous sommes impliqués dans une situation mais parce qu’il y a ‘’ je ‘’, il y a un sentiment d’agitation et de fébrilité.
En étant un avec quelque chose, nous sommes engagés mais il n’y a pas de ‘’ je ‘’ d’impliqué. Il y a un sentiment de calme et de paix. Quand nous sommes identifiés à une situation, nous nous soucions de ce qui arrivera. Quand nous sommes un avec la situation nous nous soucions du processus. Notre identification à une situation s’accroît dans la mesure où nous croyons que cela va permettre au centre d’arriver à la conscience, que nous allons finalement saisir ‘’ ça ‘’ (…) ‘’ Ça ‘’ peut être de l’argent, la réputation, la connaissance, la bonté ou toute autre chose (…) La voie consiste plutôt à voir dans la nature ce cette ambition, de voir son ultime contradiction. » **
*Nisargadatta, Je suis
**Albert Low, Que suis-je ?
COMMENT MÉDITER
« La méditation est le processus par lequel on laisse ses pensées tourner autour d'une idée (...) Après avoir lu seulement quelques phrases, on laisse le contenu pénétrer profondément l'esprit, sans faire l'effort de comprendre: il s'agit de laisser l'esprit en arriver à sa propre compréhension (...) Inutile de le faire jusqu’à satiété ; autrement dit, il est préférable de s’arrêter avant que le mental ne commence à vouloir saisir ce qui a été lu. » *
La méditation Zen est une invitation à aller au-delà du mental (de la conscience), c’est-à-dire qu'elle ne s'adresse pas à l'analyse conceptuelle ou l'évaluation de ce qui est lu. Elle s'adresse davantage à l'inconscience qu'à la conscience. Elle ne vise pas à arrêter les pensées ni à se soustraire de nos responsabilités.
Le mot idée n'est pas synonyme du mot pensée. Le mot idée réfère davantage à une forme comme un projet, un processus, une vision (au verbe voir).
L'enseignement du Zen nous dit Zuzuki, est l'enseignement de l' impermanence. Nous comprenons ce que veut dire ce mot, c'est-à-dire que tout change, et que cela est vrai pour chaque être et chaque chose. Méditer consiste alors à réaliser la portée de ce mot, de cette idée, au-delà d'une compréhension rationnelle.
Alors, qu'est-ce que veut dire exactement ce mot impermanence, que suis-je ? ou qu'est-ce que je suis ? s'il n'existe pas d'entité individuelle?
« Le mot lui-même est le pont. Souvenez-vous en, pensez-y, étudiez-le, retournez-le, contemplez-le sous toutes ces faces, plongez en lui avec application et persévérance; supportez tous les retards jusqu'à ce que soudainement, le mental se retourne, s'éloignant du mot vers la réalité qui le dépasse. » **
*Abert Low, Aux sources du Zen
**Nirsargadatta, Je suis
ACCOMPAGNEMENT
Afin de bénéficier véritablement d’une pratique méditative telle que le zen proposé par Albert Low, nous vous suggérons de faire le zazen à la maison quelques fois durant la semaine et, pour compléter, de méditer sur l’extrait de texte sélectionné à chaque semaine par le Zendo de Granby.
Pour vous ancrer davantage dans votre pratique du zazen, le Zendo de Granby vous invite à participer aux périodes de zazen qu’il tient le mardi soir, de préférence à plus d’une d’entre elles et même aux trois si cela vous est possible. Vous constaterez rapidement qu’une telle fréquence de participation vous permettra de dépasser un niveau de pratique habituel dont les effets se traduisent en termes d’énergie, de bien-être et de relaxation ; niveau qui est cependant tout à fait bénéfique et légitime, si cela vous convient actuellement. De la même manière, pour le zazen à la maison, après vous être rendu familier avec la posture du zazen, nous vous suggérons de dépasser votre zone de confort de quelques minutes pour éviter la routine. Vous arriverez ainsi à pratiquer votre zazen dans l’esprit de la pure présence, sans vous efforcer d’atteindre cette pure présence.
Le Zendo de Granby est affilié au Centre zen de Montréal, et c’est dans le prolongement de celui-ci qu’il vous propose ces activités du mardi soir. Celles-ci sont d’ailleurs réalisées dans un cadre similaire à celles offertes au Centre Zen de Montréal, avec des références aux écrits d’Albert Low, qui a été le maître enseignant du Centre jusqu’à son décès en janvier 2016, à l’âge de 87 ans. Cela ne nous empêche toutefois pas de nous référer aussi à d’autres écrits, comme M. Low le faisait lui-même, et de méditer à l'aide de courts textes, tel que proposée ici.
À la suite de vos participations aux soirées de méditation du Zendo de Granby, et d’une pratique du zazen assidue à la maison, vous serez en mesure, si vous sentez le besoin d’approfondir cette pratique méditative, de vous joindre aux activités du Centre Zen de Montréal. Celui-ci vous offre la possibilité de participer à ses activités et de vous accompagner dans cette démarche d’approfondissement. En cliquant sur zenmontreal.ca, vous pourrez trouver des renseignements précis concernant votre démarche. Des moniteurs formés par Albert Low y sont à l’œuvre depuis plusieurs années, entre autres Monique Dumont, qui a traduit en français presque tous les livres et articles d'Albert Low. Accédez à son blogue en cliquant sur moniquedumontblog.wix.com/auteure .Vous y trouverez des articles à méditer écrits en français qui proviennent de sa profonde pratique méditative.
MÉDITER EN PROFONDEUR
« À mesure que vous avancerez dans la pratique [du zen ou d’une méditation authentique], certaines crises surviendront, de ces moments où le fondement même de l’existence semble avoir cédé. Ces crises surviennent à cause de la méditation, bien que souvent il nous semble plus approprié de leur attribuer une cause plus banale. Mais quand vous méditez vraiment, vous vous livrez complètement à une totale réévaluation de toute votre façon d’être, à une remise en question fondamentale de la façon dont vous voyez le monde, les autres et vous-même. Cela signifie que beaucoup de choses que vous valorisez pourront vous apparaître insipides et futiles, que ce que vous poursuiviez perdra toute signification (…).
« Pour beaucoup de gens, une des grandes difficultés dans la pratique du Zen vient… de cette tendance à pratiquer dans le but d’en retirer quelque chose (...). Ils ont été amenés à croire à la beauté et à la paix qui viennent de la pratique, à la force et à la sagesse qui en émanent, et alors ils pratiquent en cherchant à obtenir la beauté et la paix, à saisir la force et la sagesse… et ceux qui s‘y adonnent en arriveront très vite à se plaindre qu’il n’arrive rien (…). Mais il y a tout de même quelque chose qui arrive, et ce quelque chose est l’approche de la nuit obscure. (…) La nuit obscure de l’âme [dont parle Saint Jean de la Croix] peut facilement être confondue avec la dépression (…). Et c’est à cela qu’ils résistent de toutes leurs forces… Généralement, l’un des sentiments les plus courants que l’on éprouve à l’approche de la nuit obscure est celui de la sécheresse. Beaucoup de religions… parlent de la nécessité de traverser le désert (… )Souvent, les gens abandonnent leur pratique [méditative] à ce stade. » *
*Albert Low, Se connaître c’est s’oublier
LIBRAIRIE
Articles et teishos disponibles sur le site du Centre Zen de Montréal, zenmontreal.ca, sous la rubrique LIBRAIRIE.
D’autres textes écrits par Albert Low sont disponibles sur le site suivant, http://albertlow.wordpress.com
Livres écrits par Albert Low
Invitation à la pratique du Zen (livre de base sur le zen)
Que voulez-vous de plus ? Questions zen réponses zen
Se connaître c’est s’oublier
Que suis-je ? Comment lire le Sûtra du Cœur
Le rêve du papillon
Dans la forge du maître Hakuin
Aux sources du Zen
Créer la conscience
Autres titres également disponibles sur le site
Autres suggestions de livres sur le zen
Esprit Zen esprit neuf, de Shunryu Suzuki (tout petit livre)
La doctrine suprême, d'Hubert Benoit
Les trois piliers du zen, de Philip Kapleau
Deux livres de sages indous (incontournables)
Je suis, de Nisargadatta
L’enseignement de Ramana Maharshi, de Ramana Maharshi
Un livre d’une école de yoga
Qui suis-je ? La quête sacrée, de Jean Klein (en entrevue, petit livre excellent)
Un livre de la tradition chrétienne (incontournable)
Le nuage d’inconnaissance
(direction spirituelle d’un abbé anglais inconnu (XIV siècle) traduction de Carmen Guergue; un classique)
Livres sur la pleine conscience
L’art de la méditation, de Mathieu Ricard (incluant la pleine conscience et des textes à méditer suivis de commentaires; approche complète)
L’art de se réinventer, de Nicole Bordeleau (très pratique)
Où tu vas, tu es, de Jon Kabat-Zinn (petit livre pratique)
L’éveil des sens, de Jon Kabat-Zinn (très complet avec quelques pratiques de maîtres de zen)
Méditer au quotidien, de Hénépola Gunaranata (petit livre)
La paix, un art, une pratique, de Thich Nhat Hanh (petit livre)

